Rôle du livret d'évaluation

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Rôle du livret d'évaluation

"Il est bien plus beau de savoir quelque chose de tout que de savoir tout d'une chose ; cette universalité est la plus belle."
Blaise PASCAL (1623 - 1662)
Le livret doit prendre en compte l'organisation de la scolarité en cycles pluriannuels, permettre aux enseignants de suivre les progrès individuels de chaque élève pour faciliter la continuité des apprentissages d'une classe ou d'un cycle à l'autre.
Il permettra d'impliquer les élèves dans la connaissance du travail à accomplir et des critères retenus pour l'évaluation afin qu'ils soient conscients de leur réussite ou des efforts à fournir.
Enfin les parents ont droit à une information régulière (tous les trimestres en maternelle, toutes les sept semaines en élémentaire) sur les notions et les compétences acquises par leurs enfants.

Le livret d'évaluation est à concevoir en regard des nouveaux programmes et des compétences affichées dans le document ministériel «les cycles à l'école primaire». Ainsi dans un même secteur de recrutement, le même type de livret doit être utilisé à l'école maternelle et à l'école élémentaire. Le livret apparaît comme la synthèse du travail mené en commun par les enseignants des trois cycles pour la rédaction des programmations, des compétences à acquérir et l'harmonisation des démarches pédagogigues.

Ce nouveau livret se place au centre d'un triangle dont les sommets sont occupés par trois utilisateurs : l'institution, les parents, l'enfant. Il permet d'assurer la continuité des apprentissages et l'unité du service public d'éducation en cas de changement d'école.


Parents Institution
enseignants de la classe, du cycle et de l'école
Livret
enseignants du collège

Enfant corps d'inspection

Les attentes des utilisateurs
Les parents :
- une information sur les points forts et les points faibles de leur enfant, une connaissance explicite des programmes et des modalités d'évaluation.
L'enfant :
- une mise en correspondance des exercices réalisés et des compétences évaluées dans la perspective d'une auto-évaluation,
- une connaissance explicite des compétences à acquérir.
L'institution :
- un repérage du degré de maîtrise des compétences et des difficultés éventuellement rencontrées par l'enfant en cours d'apprentissage,
- un inventaire des compétences ayant fait l'objet d'une évaluation dans l'optique d'une transmission interne (intra et inter cycle) ou externe (en cas de changement d'école)
- une information des professeurs de cycle d'observation du collège à l'issue du cycle 3.

Les compétences à mentionner
Elles s'articulent autour de trois grands domaines :
- la maîtrise de la langue qui conditionne l'entrée dans l'ensemble des autres champs disciplinaires,
- les compétences transversales relatives aux aptitudes de l'enfant, à la construction des concepts d'espace et de temps, aux acquisitions méthodologiques,
- les compétences disciplinaires relatives aux savoirs et méthodes spécifiques à chaque domaine abordé (mathématiques, histoire-géographie, sciences et technologie, éducation musicale, arts plastiques, éducation physique et sportive, langue vivante, éducation civique).

Les compétences ne se substituent pas aux programmes qui constituent une référence pour ce qui concerne les contenus disciplinaires.
Exemple: «Maîtriser la technique opératoire de l'addition» est une compétence commune aux cycles 2 et 3
- au cycle 2, elle a pour contenu les nombres inférieurs à 1 000
- au cycle 3, elle s'étend aux nombres entiers, quelle que soit leur taille ; aux nombres décimaux ; aux fractions de même dénominateur.

La philosophie de cette organisation est d'éviter les ruptures dues au cloisonnement et à la fragmentation des parcours scolaires liés à la notion de programme annuel et d'introduire de la souplesse pour respecter le rythme et le cheminement de chaque enfant.

Des évaluations normatives ou sommatives n'apportent pas à l'enseignant un éclairage suffisant pour mettre en oeuvre cette nouvelle politique pour l'école. L'évaluation formative, permet quant à elle :
- d'évaluer le niveau de maîtrise d'une compétence
- de repérer des indices de dysfonctionnement.

Elle débouche sur la mise en place d'activités de remédiations dans la classe.

Progression à l'intérieur du cycle
Les compétences énoncées dans les divers documents ministériels sont à atteindre à la fin de chaque cycle.
Pour un cycle donné, les compétences du cycle précédent constituent le jalon initial et les compétences du cycle considéré, le jalon terminal.
Cette énonciation rend nécessaire une programmation au sein de chaque cycle accompagné d'un plan de travail par périodes de sept semaines ou de trois mois suivant les niveaux.
Pour réaliser ces objectifs, les enseignants d'un même conseil de cycles doivent abandonner l'idée d'une juxtaposition de progressions annuelles valables pour tous les élèves.

L'objectif est de parvenir à des répartitions articulées sous la forme d'un tuilage comme le suggère ce schéma :



Ce dispositif permet de prendre en compte les rythmes d'acquisition différents des élèves gérés par groupes de besoins dans la classe. Il incite à fixer les notions essentielles à acquérir à un niveau donné puis, à reprendre à un niveau de connaissance supérieur, une même compétence.

Rôles des évaluations nationales
Les évaluations nationales CE2/6e s'inscrivent dans ce dispositif. Elles ont pour but de conserver au système éducatif son caractère de service public et son unité mais leur place dans le cursus scolaire montre bien qu'elles n'ont pas de caractère sommatif : placées en fin de cycle 2 ou de cycle 3 elles apparaîtraient comme un examen de passage d'un cycle à l'autre. Placées au début du cycle 3 et du cycle d'observation des collèges, elles se veulent des outils permettant aux enseignants d'adapter leur action pédagogique aux besoins identifiés de leurs élèves. Dans cette optique il est indispensable que les informations recueillies soient connues de tous les enseignants de l'école et du collège.

Les enseignants, un rôle capital
Pour préparer sa classe l'enseignant doit :
- préciser l'objectif conceptuel et/ou notionnel de la séquence par rapport à la compétence visée,
- définir clairement les contenus disciplinaires à faire acquérir,
- mettre en oeuvre des tâches pertinentes en élaborant les outils et en s'appuyant sur des techniques favorisant les temps d'apprentissage des élèves,
- varier les formes de l'évaluation, par exemple : résolution de problème entendu au sens d'une production répondant à des critères d'analyses acceptables par tous, exercices structuraux, travail analogique, graphiques, mots-clés, questionnaires à choix multiples, texte puzzle ... Les formes d'évaluation (formative, sommative, immédiate ou différée ...) seront fonction des objectifs travaillés.
- élaborer une grille formalisant les critères de réussite de la tâche afin que les élèves soient en mesure de s'approprier les termes du contrat didactique ainsi proposé.

Le rôle de l'enseignant est essentiel dans la mise en place d'une évaluation car c'est lui qui détermine :
- le moment de l'évaluation : un grand nombre d'élèves en situation d'échec peut être l'indice d'un exercice intervenu trop tôt dans le processus d'apprentissage,
- le contenu de l'évaluation : il permettra d'apprécier le niveau de maîtrise de la compétence et de détecter les dysfonctionnements à l'origine des difficultés ou des échecs,
- le seuil d'exigence : le maître définira clairement à l'avance et portera à la connaissance des élèves, à partir de quelle performance il considérera la compétence acquise (exemple : être capable de compter 3 opérations sur les 4 proposées),
- la durée de l'exercice : ce maître doit déterminer un temps pour chaque exercice (et non un temps total pour l'évaluation si celle-ci en comporte plusieurs) pour que les élèves envisagent la totalité des exercices proposés et consacrent à chacun d'eux le même temps (on pourra s'inspirer des consignes de passation de l'évaluation CE2),
- les conditions de l'évaluation : utilisation ou non de documents (tables, calculette, formulaire, carnet de règles, dictionnaire...), pour éviter, le cas échéant, les problèmes de surcharge mentale.

Diversifier les manuels scolaires
Par la quantité et la variété des exercices qu'ils proposent, ils sont des outils facilitant le travail du maître dans la recherche de situations permettant :
- l'évaluation du niveau de maîtrise d'une compétence ;
- la mise en place de stratégies de remédiation.

La reprise à l'identique de l'exercice d'évaluation dans lequel l'élève a rencontré des difficultés ou s'est trouvé en situation d'échec doit, pour constituer une véritable remédiation, être précédée de situations permettant le franchissement par l'élève, des obstacles rencontrés.
Par la diversité des approches d'une même notion qu'ils proposent, les manuels sont aussi des outils permettant au maître de proposer à un élève en difficulté une re-médiation, c'est-à-dire une autre façon d'acquérir une compétence.
Dans cette perspective la mise à disposition d'un manuel identique pour chaque élève peut être repensée pour s'attacher à donner un manuel commun pour deux élèves et acheter trois collections de quatre ouvrages par exemple afin de constituer une banque de données dans laquelle, élèves et enseignants pourront puiser.

Analyse des outils d'évaluation

"Objectifs" "Risques"...
Avant
l'apprentissage

Evaluation diagnostique
Déterminer
quels sont les pré-acquis :
- connaissances,
- représentations
- savoir-faire ...
si les pré-acquis "minima" à l'apprentissage sont maîtrisés.

Si ce n'est pas le cas : retour aux objectifs antérieurs dont la maîtrise est insuffisante.
... que le diagnostique suscite un pronostic, des attentes à effets pervers (à l'insu des acteurs, se réalisent les conditions d'accomplissement de la prévision)
Pendant
l'apprentissage

Evaluation formative
Optimiser les processus d'apprentissage par :
- recueil d'informations : observations des comportements, exercices composés de façon telle que l'analyse des erreurs soit facilitée
- analyse des résultats et des procédures
interprétation (facteurs à l'origine des difficultés ou échecs)
- Stratégies de remédiation ... que l'évaluation envahisse le champ de l'enseignement et de l'apprentissage, et fonctionne pour elle-même
A la fin
de l'apprentissage

Evaluation sommative
Déterminer si l'objectif a été atteint et éventuellement à quel niveau

Si ce n'est pas le cas : remédiation rétroactive en fonction de l'analyse des erreurs
... que le constat ne soit pas prolongé par une stratégie de remédiation aux manques.




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