Acte de lecture

ACTE DE LECTURE

 

Réflexion préliminaire sur l'acte de lecture

 

LIRE C'EST COMPRENDRE

 

Qu'est ce que lire ?

 

« Le verbe «Lire» avait pour les anciens une signification qui mérite d'être rappelée et mise en valeur en vue d'une compréhension de la pratique littéraire. «Lire» était aussi 'ramasser', 'cueillir, 'épier', 'reconnaître des traces  'prendre', 'voler'. «Lire» dénote donc une participation agressive, une active appropriation de l'autre »

(J. Kristeva).

 

«Lire» c'est 'reconnaître' les signes graphiques d'une langue, former mentalement ou à voix haute les sons que ces signes ou leur combinaison représentent et leur associer un sens.

(Dictionnaire Larousse)

 

De ces deux définitions, il ressort que la lecture est essentiellement définie comme pratique signifiante : lire, c'est saisir et donner du sens à un texte ; c'est découvrir, organiser et interpréter la signification de ce qui est écrit.

 

Lire est une activité complexe d'analyse et de synthèse, conduisant à la compréhension d'une pensée à partir de la combinaison de certaines unités. Chez les jeunes apprenants, ces unités sont les signes écrits, chez l'étudiant universitaire, les unités deviennent plus complexes. Dans son acte de lecture, le lecteur efficace 'reconnaît' globalement des 'traces' et mène en même temps une activité analytique, en vue d'une synthèse ultérieure de ces traces. Mis en situation active, le lecteur élabore une interprétation   cohérente   et   riche   d'un   ensemble singulièrement codé.

 

Ainsi, la lecture est abordée dans sa vraie fonction qui consiste à donner sens à un texte. Et, pour qu'elle soit efficace, elle utilise des opérateurs qui sont censés rendre compte de ce sens. Néanmoins, un savoir-lire qui ne serait qu'un montage de mécanismes sans recherche de signification serait dangereusement illustré. La lecture est une activité de communication entre le lecteur et le texte ; et les techniques, pour essentielles qu'elles soient, ne sont jamais que des outils qu'un individu invente pour répondre aux questions qui se posent à lui.

 

 

QUELS SAVOIRS POUR LIRE LES TEXTES LITTERAIRES

 

Lire, c'est donner du sens. Et pour que le sens soit construit dans de bonnes conditions, le lecteur doit mobiliser et combiner deux sources d'informations :

• ses connaissances antérieures concernant le sujet ;

• la matérialité du support.

 

La lecture est donc une négociation entre ce que l'élève sait et ce qu'il ne sait pas et s'apprête à découvrir ; le texte.

 

Que doit-il savoir pour lire ce qu'il ne sait pas ?

 

Expliquer un texte, rendre compte de la complexité de son sens, mobilisent des instruments d'analyse et des nouons que l'étudiant doit maîtriser et qui sont l'objet de notre manuel.

 

Seulement, malgré la maîtrise de ces instruments d'analyse et de ces notions, l'étudiant ne peut faire l'économie d'un certain nombre de questions.

 

La lecture d'un texte littéraire doit mettre au premier plan la spécificité du texte à lire et le développement du processus   de   construction   du   sens :   le   choix, l'instrumentalisation et l'adoption des outils ne devant s'effectuer que dans ce cadre.

 

Faute de cette préoccupation, la pratique devient mécanique et appauvrit le texte pour ne pas dire l'assassine. Les outils de lecture ne sont là que pour se mettre au service de l'accès au sens qui est, rappelons-le, la finalité de toute vraie lecture.

 

L'accès au sens, c'est sur cela qu'il faut prendre appui. La recherche du sens constituant l'objet de la lecture, les outils, les méthodes, les grilles d'analyses ne sont là que pour justifier, valider, corriger ou nuancer ce sens. D'ailleurs, la lecture active se déclenche d'abord par l'émission d'hypothèses de sens.

 

Est nommé 'hypothèse de sens' toute lecture-interprétation qui n'est pas justifiée par des éléments (intra)textuels et qui n'est pas partagée par tous. Lire, c'est nécessairement lancer des hypothèses, être dans l'avenir du texte, se projeter dans une virtualité du sens que la mise en relation d'un nombre croissant d'indices vient corroborer et dès lors, imposer à chacun.

 

 

Avant toute analyse méthodique, il y a donc, dans un premier temps, une appropriation personnelle du sens. Est 'méthodique', dès lors, tout apport méthodologique, culturel, instrumental qui concourt à l'élaboration du sens.

 

C'est à ce deuxième niveau d'approche que se situe notre manuel dont le but n'est pas de donner un 'modèle idéal de lecture', mais d'amener l'étudiant à développer des compétences de lecture pour une compréhension riche et diversifiée du texte.

 

L'élève doit être capable de s'ouvrir à la diversité des composantes du texte tout en étant conscient des choix méthodologiques qu'il doit opérer.

 

Ainsi, en termes d'actions, l'élève devra s'initier :

·        aux problèmes de la définition des notions de texte et de littérature ;

·        aux codes et aux démarches dont un lecteur a besoin pour donner sens et valeur à un texte.

 

Le piège à éviter est l'utilisation mécanique des outils méthodologiques. C'est pourquoi, il est important que l'élève ait une approche 'intelligente' des outils qu'il rattachera toujours à leur origine théorique. Toute approche méthodologique a ses fondements 'épistémologiques' et ses présupposés théoriques, (toute grille d'analyse n'est pas valable pour tout texte). La rupture avec ses origines théoriques appauvrit l'outil méthodologique, qui est un instrument complexe, en le transformant en un outil médiocre et souvent nul.

 

C'est par la maîtrise d'outils de référence que l'élève apprendra à bien les utiliser en les organisant et en les mettant en système. Attitudes qui ne peuvent naître que d'une réflexion sur leurs stratégies effectives d'utilisation. D'où un recours et un retour constants à l'écrit étudié.

 

OBJECTIF DU MANUEL

 

La lecture met donc en œuvre une double compétence qui se traduit en une double action :

·        Une activité cognitive complexe sur un énoncé écrit (questionnement de l'écrit, anticipations sémantiques, prélèvements de marques matérielles en vue d'émission et de vérification des hypothèses de sens...) ;

·        Une stratégie tenant compte du type d'écrit.

 

En abordant l'étude d'un texte littéraire, l'élève doit donc se poser un certain nombre de questions qui le conduiront à piéger le sens du texte, à voir comment ce sens est construit et à ouvrir le texte sur d'autres textes.

Lire un texte nécessite de la part de l'élève quatre attitudes :

Ø Situer l'œuvre dont est extrait le texte dans l'histoire littéraire ;

Ø Interroger le genre du texte ;

Ø Interroger le type du texte ;

Ø Interroger la matérialité du texte.

 

Notre objectif dans ce présent manuel est de réunir, d'une façon intégrée pour permettre à l'élève de les mobiliser, des savoirs nécessaires pouvant l'aider à répondre à ses questionnements.

 

L'élève ne trouvera pas dans les pages qui suivent une méthode de lecture, mais la relation de plusieurs séquences d'interrogation du texte, dont nous voudrons montrer la cohérence pour permettre à l'étudiant d'en favoriser la convergence.

 

On apprend à lire un texte par un travail personnel et ininterrompu d'organisation et de dépassement des stratégies.

 

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                       séminaire du mois de décembre 2007




08/04/2009
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